Bien-être animal
… mais où s’arrêtent nos valeurs et notre éthique ?
Dans le monde de la zoothérapie, on parle beaucoup de bien-être humain. Mais à Ani’Nomade, nous pensons que rien n’est possible sans un respect profond et concret du bien-être animal.
Avec plus de 150 animaux médiateurs, notre responsabilité est immense. Chaque jour, nous devons nous demander :
Jusqu’où pouvons-nous aller ?
Où placer la limite entre le service rendu à l’humain et le respect dû à l’animal ?
Dans cet article, nous partageons notre réflexion, nos pratiques et nos dilemmes. Parce que parler d’éthique, ce n’est pas seulement poser de belles intentions, c’est aussi se confronter aux choix concrets du quotidien.
Qu’entend-on par bien-être animal ?
Le bien-être animal ne se limite pas à “ne pas souffrir “. C’est un état global qui englobe :
– une alimentation équilibrée et adaptée,
– des soins vétérinaires réguliers,
– un environnement enrichi (parcours, jeux, contacts sociaux),
– du repos suffisant,
– la possibilité d’exprimer ses comportements naturels.
À Ani’Nomade, nous considérons que chaque espèce a des besoins spécifiques : un chien n’a pas le même rythme qu’un alpaga, une poule n’a pas les mêmes attentes qu’un chinchilla. Notre rôle est d’ajuster nos pratiques à chacun.
Les valeurs qui nous guident depuis 15 ans
Depuis la création d’Ani’Nomade, nous avons toujours mis en avant trois piliers :
- Respect de l’animal : il n’est pas un outil, mais un partenaire de travail.
- Respect de l’humain : offrir des interventions de qualité, adaptées, sécurisées.
- Respect de la relation : chaque rencontre doit être bénéfique pour les deux, animal et personne.
Ces valeurs nous guident, mais elles demandent sans cesse des ajustements.
Où fixer la limite ?
C’est sans doute la question la plus complexe. Un exemple concret : un enfant hospitalisé souhaite caresser un lapin, mais l’animal a déjà participé à plusieurs séances dans la journée. Doit-on répondre au désir de l’enfant ou préserver le repos du lapin ?
Chez nous, la règle est claire : l’animal passe avant. S’il montre des signes de fatigue, il est retiré de la séance. L’humain peut être déçu, mais il comprend aussi que le respect de l’animal est une valeur fondamentale.

Un autre dilemme : jusqu’à quel âge ou état de santé un animal peut-il continuer à intervenir ? Là encore, nous préférons anticiper. Certains animaux “prennent leur retraite“ bien avant d’être malades, simplement parce que nous observons une baisse d’envie ou d’énergie (grille d’évaluation comportementale et mise en retraite a moitié de leur vie).
Les dérives à éviter
Dans le domaine de la médiation animale, certaines dérives existent :
- surutiliser un animal parce qu’il « marche bien » avec le public,-
- négliger son repos ou ses signaux de fatigue,
- céder à la pression institutionnelle pour multiplier les séances.
Nous refusons ces pratiques. Car un animal épuisé ou stressé n’est plus un bon médiateur, et surtout, ce n’est plus conforme à nos valeurs.
Former à l’éthique dès le départ
À l’organisme de formation Ani’Nomade (Dijon, certifié Qualiopi), nous faisons de l’éthique animale un pilier central.
Nos stagiaires apprennent à reconnaître les signaux de stress ou de fatigue, mettre en place des plannings adaptés, concevoir des enclos enrichis, réfléchir à leur propre posture face aux dilemmes.
Nous insistons aussi sur le fait que l’éthique n’est pas une règle figée mais une réflexion permanente.
Quand l’éthique devient un choix difficile
Parfois, l’éthique demande de renoncer :
- Renoncer à une intervention trop lourde pour un animal.
- Renoncer à travailler avec une espèce si l’on ne peut pas lui offrir les conditions idéales.
- Renoncer à répondre à toutes les demandes institutionnelles si cela mettrait en danger notre équilibre.
Ces décisions sont difficiles, mais elles renforcent notre crédibilité. Elles montrent que nous ne faisons pas de compromis avec nos valeurs.
Pourquoi c’est essentiel pour l’avenir
Le développement rapide de la médiation animale en France attire de plus en plus de structures. Mais toutes ne partagent pas la même exigence éthique.
Chez Ani’Nomade, nous voulons être un acteur de référence, capable de montrer que cette pratique peut être à la fois professionnelle, rentable et profondément respectueuse des animaux.
C’est cette exigence qui garantit la pérennité et la reconnaissance de notre métier.
Le bien-être animal n’est pas une option dans la médiation animale, c’est une responsabilité.
Chez Ani’Nomade, nous avons choisi d’aller toujours plus loin : suivi vétérinaire régulier, plannings adaptés,
retraite anticipée pour certains animaux, formations éthiques pour les intervenants.
Mais nous savons aussi que l’éthique est une quête permanente : chaque jour, il faut réfléchir, ajuster, questionner nos pratiques.Parce qu’au fond, respecter l’animal, c’est aussi respecter la personne qui vient à sa rencontre.
Et c’est cette conviction qui fait la force de notre projet.